Harry Potter 7 (8) fiction 2

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Sacrifice

   
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e mardi suivant, une réunion importante de l’Ordre devait avoir lieu. Il s’agissait d’établir le prochain plan de bataille. Slughorn était plus pâle que jamais car il pouvait être fixé aujourd’hui sur son sort. Harry ne subissait plus les effets du sortilège de Neville, qui n’osait plus parler à Harry. Celui-ci était heureux d’avoir remporté la coupe de Quidditch, mais il savait qu’il avait manqué le dernier match de sa scolarité à Poudlard à cause de Neville. Pendant deux jours, il préféra ne pas lui adresser la parole, au grand désespoir de Neville.

─ Harry, je suis vraiment désolé, bafouilla Neville lorsqu’ils étaient dans la salle commune en train de faire leur devoir avant la réunion.

Harry regarda Neville sans dire un mot et reçu un coup de coude de la part d’Hermione.

─ J’aurais préféré me lancer le sort sur moi-même, continua Neville.

─ N’en parlons plus, dit Harry qui, de toute façon, ne voulait pas faire de peine à Neville plus longtemps. On se retrouve dans une heure pour les cours de l’A.D.

─ Neville n’a pas besoin d’un sortilège de lenteur pour être au ralenti, gloussa Ron à l’oreille d’Hermione.

─ Ne soit pas si méchant, Ron, répondit Hermione qui savait que Ron n’avait pas tort.

Ils se dirigèrent tous les trois dans la Salle sur Demande où Luna était exceptionnellement invitée.

─ Bonjour, commença le professeur McGonagall. Comme vous le savez probablement, Pansy Parkinson n’a rien révélé d’intéressant, même sous l’effet du véritaserum. Elle a donc été envoyée à Azkaban comme Mangemort.

─ Cette réunion est importante, poursuivit le professeur Lupin, car nous allons établir le plan de bataille des semaines à venir.

Lupin se tourna vers le professeur McGonagall.

─ Nous devons créer la diversion, grâce à Luna et Nagini, dit-elle.

─ Je suppose que vous n’avez pas changé d’avis au sujet du nombre d’Horcruxe à détruire à la fois, demanda Lupin.

─ Non, répondit McGonagall. Chaque chose à la fois. Si l’on détruit Nagini, ce sera déjà un excellent point. Là, nous n’aurons plus que la Coupe à détruire. De toute manière, nous n’avons aucun renseignement sur sa cachette. N’est-ce pas ?

Lupin regarda Harry, Ron et Hermione – qui rougissaient légèrement - et répondit négativement. Il savait que tous les trois étaient bien décidés à chercher la Coupe le jour de la diversion. Et ils les approuvaient.

─ Alors, la question ne se pose même pas, répliqua sèchement McGonagall. La sortie à Pré-au-lard est prévue le premier week-end de mai, le dimanche. C’est à cette date, que Luna doit faire croire à Nagini qu’une réunion importante est prévue à la Tête de Sanglier.

─ Où en êtes-vous avec Nagini, demanda Slughorn à Luna.

─ Je réussis à lui parler et il me parle aussi. Je lui ai fait croire que j’avais été banni de la Forêt Interdite et que je détestais Poudlard et ses créatures. Je pense pouvoir lui faire croire qu’une réunion est prévue.

─ Très bien, dit McGonagall. Vous direz que la réunion a lieu à dix heures du matin et que l’on pensait passer inaperçue grâce à la sortie organisée le même jour.

─ Pendant ce temps, le professeur McGonagall, Tonks, Maugrey s’il va mieux, Arthur, Slughorn et moi iront tuer Nagini après que Luna soit venue nous dire si la voie est libre, déclara Lupin.

─ Et nous ? demanda Harry qui souhaitait que Lupin comprenne ce qu’il attendait.

─ Vous resterez…

─ Nous pourrons aller rendre visite à Firenze, coupa Hermione.

─ Excellente idée, dit Lupin qui n’avait pas eu le réflexe d’inventer une excuse pour ne pas emmener Harry, Ron et Hermione.

Le professeur McGonagall sembla satisfaite de ne pas leur faire courir de risque mais était étonnée aussi qu’ils n’insistent pas plus pour les accompagner et détruire Nagini.

─ Moi, je ne viens pas, dit solennellement Slughorn.

Tous les visages se tournèrent vers lui avec appréhension.

─ Mais je vais vous aider, continua Slughorn. Je vais mourir avant que vous ne partiez à la recherche de Nagini.

Un long silence suivit ses paroles.

─ D’ici deux semaines, je détruirai le médaillon et mourrai en même temps…Je ne sais pas encore quel jour je ferai cela, mais ne vous inquiétez pas, je m’en occuperai à temps…J’ai juste une faveur à vous demander. J’aimerai qu’un professeur se charge des cours de Potions dès demain…Je ne serai pas en assez bonne condition pour faire cours…Je pense que Lupin est qualifié pour ce poste.

─ Je m’en occuperai, dit gravement Lupin.

Personne ne songeait à faire changer d’avis Slughorn, ni essayait de le consoler. Cela ne servirait à rien. Sa décision était prise et tous savaient que c’était la meilleure décision pour eux-mêmes. La destruction d’un Horcruxe affaiblissait Voldemort, il fallait donc en profiter.

─ Luna, continuez à sympathiser avec Nagini. Harry, prenez rendez-vous avec Firenze. Bon cours d’A.D., conclut le professeur McGonagall d’un ton aussi morose que ‘ambiance due aux paroles de Slughorn.

Durant les jours qui suivirent, Harry, Ron et Hermione appréhendaient le moment où l’on leur annoncerait que Slughorn s’était suicidé. Un soir, Harry, Ron et Hermione rendirent visite à Firenze. Celui-ci leur appris qu’il avait formé un groupe fiable d’une dizaine de centaures prêts à entrer dans l’alliance. Ils se tenaient disponibles et étaient prêts à rendre service à l’Ordre. Harry se dirigea vers le bureau de McGonagall, ancien bureau de Dumbledore. Harry connaissait le mot de passe et entra. Le professeur McGonagall n’étant pas dans son bureau, Harry décida donc d’attendre. Fumseck, le phénix de Dumbledore, qui lui avait sauvé la vie un jour n’était plus là depuis la mort de son propriétaire. Harry regarda les portraits des anciens directeurs de Poudlard qui n’étaient pas tous à leur place. Certains portraits le dévisageaient mais il préférait ne pas faire attention à eux car les tableaux des anciens directeurs n’étaient pas très sympathiques. Ils étaient arrogants et différents de ce qu’ils avaient été lorsqu’ils étaient vivants. Les portraits ne conservent qu’une petite partie de la personne initiale. Cependant, l’un d’eux regardait Harry calmement sans se moquer de lui. Harry décida de le regarder. Dumbledore avait son portrait lui aussi. Jusqu’à présent, chaque fois que Harry se rendait dans ce bureau pour voir le professeur McGonagall, Dumbledore n’avait pas encore son portrait. Il n’en faisait probablement pas encore partie car sa disparition était trop proche. Dumbledore avait le même visage qu’avant sa mort. Il semblait en forme pour un portrait.

─ Harry ? dit le portrait.

─ Professeur Dumbledore ! s’exclama Harry heureux de revoir le professeur Dumbledore.

─ Comment vas-tu, Harry ?

─ Je vais très bien, professeur. Vous êtes ici depuis quand ?

─ Seulement depuis hier soir. Comment va Poudlard et Voldemort et ses Mangemorts ? demanda Dumbledore, excité.

─ Vous n’avez pas parlé au professeur McGonagall ?

─ Non, je ne l’ai pas encore vue, et depuis ma mort, c’est le trou noir. Harry, on ne conserve pas de souvenir entre le moment où l’on meurt et celui où l’on devient portrait.

Harry lui raconta les principaux événements depuis sa mort : l’alliance avec les elfes, les loups-garous et les centaures, le bracelet de Godric Gryffondor, la potion préparée par Hermione, le traître qu’elle avait démasquée avec Rita Skeeter, la mort proche de Slughorn. Dumbledore posait beaucoup de questions. Mais Harry s’étonna que Dumbledore soit si vif d’esprit.

─ Je viens juste de devenir portrait, expliqua Dumbledore. Par conséquent, je suis presque comme si Dumbledore vivait encore. Mais je ne suis qu’une image. Dumbledore est mort, Harry, et tu verras que plus le temps passera, moins je m’intéresserai à ce que tu me diras. Je n’aurai plus conscience de la situation. Je serai comme ces portraits qui nous énervent.

Dumbledore avait dit ceci d’un ton triste et fataliste.

─ Harry, pourquoi venais-tu voir McGonagall ?

Harry rougit et se dit qu’il devait dire la vérité à Dumbledore. Il lui raconta qu’il voulait mentir à McGonagall en accord avec Lupin et que Ron, Hermione et lui-même iraient seuls s’occuper de la Coupe de Poufsouffle.

─ Lupin a raison de vouloir s’occuper des deux Horcruxes à la fois. Mais fais très attention, Harry. La Coupe est sûrement très bien protégée et vous mettra en danger mortel. Restez unis surtout, et n’agissez pas à la va-vite. De plus, mentir au professeur McGonagall peut-être risqué. Elle vous fait confiance, mais ce n’est pas à moi de décider.

─ Professeur, que pensez-vous des mots que j’ai aperçus dans l’esprit de Malefoy ?

─ Il faut faire très attention à ce que l’on peut voir dans l’esprit des gens. La manipulation de l’esprit est un domaine très apprécié par Voldemort et Rogue ; ils peuvent nous faire croire ce qu’ils veulent. Mais tu dois savoir aussi que rejoindre la force des Ténèbres est le chemin le plus facile mais celui-ci comporte aussi des risques et des peines, même pour ceux qui pensaient y vivre en liberté et en sécurité.

Le professeur McGonagall entra et fut surpris de trouver le portrait de Dumbledore. Mais elle se tourna d’abord vers Harry.

─ Mr Potter, vous voulez me parlez ?

─ Oui, dit Harry qui réfléchissait à toute vitesse à ce qu’il allait lui dire.

Après quelques secondes, il regarda Dumbledore, puis McGonagall.

─ Avec Ron et Hermione, nous avons rendu visite à Firenze tout à l’heure…et il a formé une armée de dix centaures. Ils attendent que l’on ait besoin d’eux.

─ Ah, très bien, s’exclama McGonagall, surprise. Donc vous n’aurez pas de réunion le jour de la sortie à Pré-au-lard.

─ En effet, répondit Harry. Alors…Heu…Au revoir.

─ Au revoir, dit McGonagall, surprise que Harry n’ait pas demandé à faire partie de la mission contre Nagini. Dumbledore, lui, semblait satisfait que Harry ait dit la vérité à McGonagall. Certes, il n’avait pas mentionné le fait que Ron, Hermione et lui iraient à la Caverne chercher la Coupe de Poufsouffle mais au moins il n’avait pas dit de mensonge. Harry était soulagé d’avoir la permission de Dumbledore. Celui-ci lui manquait beaucoup au moment de prendre les sages décisions.

Le lendemain, Harry raconta à Ron et à Hermione l’entrevue avec Dumbledore. Hermione était soulagée que Harry n’ait pas menti au professeur McGonagall. Dumbledore avait raison, il ne fallait pas perdre la confiance de la directrice de Poudlard et surtout de la directrice provisoire de l’Ordre.

─ Elle ne nous aurait plus fait confiance et nous n’aurions peut-être plus eu le droit d’assister aux réunions, dit Hermione.

─ C’est peut-être ce qui va nous arriver puisque nous allons désobéir, dit Harry.

 ─ Tu plaisantes ! répliqua Ron. Avec toute l’aide qu’on leur a apportée !

─ On doit réussir à détruire la Coupe, mais ce ne sera pas facile, dit Hermione. Peut-être que nous devrions en parler à Slughorn. Les mots  que tu as vus auraient peut-être une signification pour lui. Il faudrait y aller avant que…

Mais Hermione ne finit pas sa phrase. Elle ne voulait pas parler de la mort de leur professeur de Potions.

─ Allons-y, bondit Harry. On aurait dû y penser tout de suite. Seul Slughorn peut nous aider sur la destruction des Horcruxes.

Ils se dépêchèrent de gagner le bureau de Slughorn. Ils avaient un mauvais pressentiment. Harry frappa à la porte mais personne ne répondit. Puis ils entendirent d’effroyables cris de douleur.

─ Vite ! On entre ! s’écria Ron en tournant la poignée de la porte.

Mais celle-ci était verrouillée.

Alohomora ! prononça Hermione en tendant sa baguette magique vers la serrure de la porte.

La porte fut déverrouillée et ils purent entrer dans le bureau. Ron poussa un cri. Il vit le professeur Slughorn qui hurlait, allongé dans une énorme flaque de sang. Du sang giclait de ses entrailles. Hermione, devant ce spectacle, fut prise de nausée et courut aux toilettes. Elle fut imitée par Harry et Ron. En effet, il n’y avait pas de spectacle plus horrible. Lorsqu’ils revinrent, avec le professeur McGonagall et Lupin, Slughorn gisait sur le sol détrempé de sang, le médaillon autour du cou. Tout à coup, celui-ci implosa et fut réduit en miettes ; Slughorn venait de mourir.

─ C’est monstrueux, gémit Hermione dans un sanglot.

─ Voldemort est un monstre, dit Lupin. Il voulait que celui qui détruirait son Horcruxe souffre dans d’affreuses conditions.

─ Je suis sûr que c’est une idée de Rogue, dit Ron.

─ C’est possible, acquiesça Harry.

─ Espérons que Voldemort sera effectivement un peu affaibli, dit McGonagall d’un ton ému. Maintenant, il ne reste plus que deux Horcruxes.

     

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La Caverne

           

  
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e professeur Lupin, qui prit le poste de professeur de Potions, était aussi pâle que son prédécesseur lors de ses derniers cours. La mort de Slughorn l’avait bouleversée ainsi que tous les élèves, même ceux qui ne connaissaient pas la vérité sur sa mort. Tous les cours se passèrent dans une ambiance très morose et chacun attendait avec impatience la sortie à Pré-au-lard, chacun ayant ses raisons. Pour les membres de l’A.D., c’était le jour de la tentative de destruction d’un Horcruxe. Ils savaient que la sortie serait annulée mais faisaient semblant de ne pas être au courant. Pour les autres, la sortie à Pré-au-lard était un grand moment de joie et de détente. Au désespoir de Harry, il n’y avait même plus de match de Quidditch en vue. Le week-end, l’équipe de Gryffondor, ainsi que Hermione – qui fait partie de l’équipe - joua un peu mais le cœur n’y était pas. Finalement, le meilleur remède était de faire comme Hermione, c'est-à-dire réviser à la bibliothèque pour les ASPIC.

─ Je pense que les professeurs vont être indulgents cette année, dit Ron un soir où il travaillait avec Harry et Hermione.

─ Cela m’étonnerait, répliqua Hermione d’un ton sévère. Les ASPIC sont le diplôme le plus important du monde des sorciers. Ce sont eux qui nous permettront de trouver ensuite un travail. Ils ne peuvent pas nous les donner, et heureusement.

─ Moi, j’aimerais bien que tout le monde les reçoive cette année, dit Ron, rêveur.

─ Ce serait injuste pour ceux qui travaillent, dit Hermione. Tu es d’accord avec moi, Harry ?

─ Et bien…Heu…Je pense que…

Harry fut soulagée d’entendre Hermione s’exclamer au sujet des pièces argentées de l’A.D. En effet, la réunion de l’A.D. était avancée d’une demi-heure.

            ─ J’espère que c’est pour annoncer une bonne nouvelle, marmonna Ron qui aurait préféré aller se reposer à la salle commune avant d’aller au cours de l’A.D.

            Le professeur McGonagall avait convoqué les membres de l’A.D. et ceux de l’Ordre pour remettre le plan en tête à tout le monde. Elle annonça aussi que Luna avait réussi à faire croire à Nagini qu’une réunion importante de résistants aurait lieu à la Tête de Sanglier. Nagini avait paru extrêmement satisfait d’apprendre cette nouvelle. Cette fois, le jour « J » approchait à grands pas.

 

            Le matin de la sortie à Pré-au-lard, il régnait une ambiance contrastée dans la Grande Salle, au moment du petit-déjeuner. La table des  Gryffondor était la plus calme.

            ─ On voit que tous les Gryffondor font partie de l’A.D., constata Harry.

            ─ Les Serpentard, eux, sont tout excités à l’idée d’aller à Pré-au-lard, dit Hermione d’un ton de reproche envers les Serpentard.

            ─ Les Mangemorts pensent que la  réunion a lieu à dix heures ce matin, donc à neuf heures, nous pouvons partir à la Caverne.

            ─ Neuf heures ! Nous devons partir tout de suite, dit Ron en jetant un coup d’œil à sa montre.

            ─ Ne perdons pas de temps, dit Harry en se levant.

            Le professeur Lupin arriva derrière eux et leur souhaita bonne chance. Harry aurait voulu parler au portrait Dumbledore mais McGonagall avait changé le mot de passe. Harry, Ron et Hermione quittèrent donc le château de Poudlard discrètement. Ils refirent le trajet qu’Harry et Dumbledore avaient parcouru un an auparavant. Harry se rappelait sans peine du trajet. Ils avaient tous les trois l’estomac noué et ne se sentaient pas du tout en sécurité. S’aventurer chez l’ennemi sans grand sorcier pour les protéger n’était guère rassurant. Ils craignaient que de nombreux Mangemorts soient restés pour surveiller la Coupe de Poufsouffle. Comme Harry et Dumbledore l’an passé, ils utilisèrent une barque pour s’approcher de la Caverne. Ils étaient très tendus et étaient à l’affût du moindre petit bruit.

            ─ Que c’est lugubre ici, murmura Hermione.

            ─ Il semble que la Caverne n’ait pas changé depuis l’an passé, dit Harry.

Ils arrivèrent devant le même mur où il fallait donner un peu de son sang pour pouvoir entrer dans la Caverne. Harry se fit une entaille dans son bras et déposa quelques gouttes de son sang sur le mur.

            ─ Voldemort adore que l’on se fasse saigner, remarqua Ron d’un ton dégoûté.

            ─ Il veut affaiblir son adversaire, expliqua Harry, pendant que le passage s’ouvrit devant eux.

            La Caverne était très sombre et une eau plate sombre gisait dans le lac.

            ─ Cela ne donne pas envie de se baigner, remarqua Ron qui, comme Harry et Hermione, inspectait la Caverne. A priori, personne ne la surveillait.

            ─ Il semblerait qu’il n’y ait personne, chuchota Harry. Mais restons vigilant.

            ─ Maintenant, il faut trouver la Coupe, dit Ron. La Caverne est immense…

            ─ Au fond du lac, dit Hermione. Rappelez-vous ce que Harry a vu dans l’esprit de Malefoy. Le mot « branchiflore » est apparu. Et la branchiflore est utilisée pour respirer sous l’eau.

            ─ Mais c’est peut-être un piège, dit Harry. Rogue a dû enseigner l’occlumentie à Malefoy. Et puis il y a les Inferis dans le lac…Mais j’ai peut-être une idée…

            Ron ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase.

            ─ Il faut prononcer l’incantation « Lumos » ! s’exclama Ron. Ils doivent avoir peur de la lumière.

            ─ Excellent idée ! dit Hermione. Nous devons donc y aller à deux.

            ─ J’irai, dit Harry.

            ─ Moi aussi, dit Hermione. Je maintiendrai l’incantation pendant que tu nageras.

            ─ Je veux y aller, contesta Ron.

            ─ Ma baguette magique est plus efficace, répondit Hermione et…si tu paniques, tu risquerais de ne pas réussir à maintenir l’incantation.

            Ron parut vexé.

            ─ Mais je ne suis pas un peureux, répliqua Ron.

            ─ Hermione n’a pas tord, dit Harry. Et puis c’est vrai qu’elle a une meilleure baguette magique. Les Inferis sont puissants et le sort doit pouvoir les repousser.

            Hermione donna la branchiflore à Harry.

            ─ Tu n’en prends pas ? s’étonna Harry.

─ Non, je préfère le sortilège de Têtenbule. Les branchies ne me plaisent pas vraiment.

─ Ron, tu restes bien vigilant, d’accord ? recommanda Harry.

Après avoir appliqués les sortilèges sur eux-mêmes, ils plongèrent dans le lac mais remontèrent presque aussitôt, suivis par des mains qui sortaient de l’eau.

─ Que s’est-il passé, demanda Ron, inquiet ?

─ Les Inferis ne sont pas partis, au contraire, ils se dirigeaient vers nous, dit Hermione, paniquée. Je ne comprend pas pourquoi.

─ Mais, Harry, tu avais bien vu deux fois le mot Lumos, hésita Ron. Peut-être que deux personnes en même temps doivent maintenir ce sort ? Vous ne croyez pas ?

─ Tu as raison, approuva Harry. J’ai vu deux fois l’incantation Lumos. Essayons alors en y allant tous les trois.

Il n’y avait plus de branchiflore pour Ron, par conséquent, il dit appliquer le sortilège de « Têtenbule », bien aidé par Hermione. Ils plongèrent donc ensembles et cette fois-ci, les Inferis s’écartaient sur leur passage. Harry fit signe à Ron et Hermione de descendre plus bas vers le fond du lac. Ron émettait une lumière plus faible que celle d’Hermione, mais suffisante tout de même pour éloigner les créatures du lac. Tout à coup, Ron fit de grands signes avec sa baguette. Il avait aperçu un objet au fond de l’eau. Escorté par Ron et Hermione, Harry se dirigea vers l’objet. Hermione fit un signe du pouce pour leur indiquer qu’il s’agissait bien de la Coupe de Poufsouffle. Harry s’en saisit et ils se dirigèrent à la surface du lac suivis par les Inferis qui ne pouvaient pas s’approcher d’eux.

─ Ouf, je n’étais pas rassuré avec ces choses derrière nous, souffla Ron.

Harry et Hermione examinaient la Coupe de Poufsouffle.

─ Maintenant, il faut la détruire, dit Harry d’un ton grave.

Chacun leur tour, ils essayèrent de détruire l’Horcruxe en lançant des sorts puis en les combinant mais la Coupe restait intacte.

─ Il n’y a rien à faire ! s’exclama Ron, découragé. Elle est incassable !

─ Non, il y a forcément un moyen, répliqua Hermione, sûre d’elle. Tout objet a une faille. Réfléchissons. Harry, tu…

Hermione se tut et regarda autour d’elle. Son regard s’arrêta sur un vase.

─ Harry, c’est ici que Dumbledore a bu le liquide ?

─ Et l’eau l’affaiblissait à chaque gorgée ?

─ Oui, répondit Harry. C’était l’eau du lac. Mais…Que fais-tu ?

Hermione prit la Coupe de Poufsouffle et la remplit d’un peu d’eau du lac.

─ Cette eau a des propriétés magiques, dit Hermione, comme si elle récitait un cours. Or, Harry a vu le « Freezectum » dans les pensées de Malefoy. Cette formule permet de transformer un liquide ayant des propriétés magiques en un élément solide.

Hermione leva sa baguette et se concentra. Elle inspira profondément, regarda Harry et Ron et abaissa sa baguette.

Freezectum, articula Hermione.

Le liquide sembla bouillonner pendant quelques instants, puis redevint calme et sembla se congeler. Des fissures apparurent à la surface du l’eau devenue solide, et soudain, la Coupe vola en éclat dégageant une épaisse fumée noire.

─ Espérons que Nagini ait été détruit aussi, déclara Harry. Il n’y aurait plus d’Horcruxe et il faudrait alors s’occuper de Voldemort en personne.

─ J’espère que cela s’est bien passé pour eux et que Nagini ne se sera douté de rien, dit Hermione, anxieuse.

Une fois hors de la Caverne, ils transplanèrent à Pré-au-lard, non loin du bar « Les Trois Balais » et prirent la direction du château d’un pas rapide. Au fur et à mesure qu’ils approchaient, ils éprouvaient une inquiétude croissante. Même s’il semblait que Nagini ne se soit douté de rien jusqu’à présent, le danger était toujours important. Et il était possible que des Mangemorts se trouvent constamment à proximité de Nagini pour le protéger en cas de danger. Néanmoins, ils étaient impatients de raconter leur réussite à la Caverne et étaient contents d’eux. Mais en rentrant au château, Harry, Ron et Hermione abandonnèrent rapi-dement leur sourire. Les professeurs McGonagall et Lupin les attendaient et se dirigèrent vers eux d’un air accablé.

─ Que se passe-t-il ? demanda Hermione, inquiète.

─ Venez, je vais vous expliquer, répondit le professeur McGonagall d’un ton glacial.

            ─ Nous n’aurions pas dû aller à la Caverne sans vous prévenir, commença Harry, mais…

            ─ Silence, ce n’est pas de ceci que je veux vous parler, coupa McGonagall. Mais vous avez eu de la chance. Certains ne peuvent pas en dire autant.

Harry, Ron et Hermione se regardèrent et furent soudain très inquiets. Ils suivirent sans un mot les professeurs Lupin et McGonagall en direction du bureau de celle-ci. Ils avaient l’estomac noué et s’attendaient au pire. McGonagall ne leur demanda même pas s’ils avaient réussi à détruire l’Horcruxe. Lupin était aussi triste que McGonagall et semblait avoir peur de parler en sa présence. Après tout, c’est lui qui avait couvert Harry, Ron et Hermione pour sortir du château. Mais il brûlait d’impatience de poser la question sur leur mission.

            ─ Avez-vous réussi ? demanda-t-il enfin.

            Ron et Hermione attendirent que Harry réponde.

            ─ Oui, nous avons détruit la Coupe de Poufsouffle, dit Harry sans manifester de signe de joie.

            Le professeur McGonagall perdit un instant son air triste.

            ─ Vous avez réussi ! C’est très bien.

            Mais elle n’en dit pas davantage. Ils arrivèrent devant l’escalier qui monte au bureau de McGonagall et celle-ci prononça le mot de passe. Arrivés dans le bureau, elle sortit la Pensine de son armoire. D’un geste solennel, elle sortit de son esprit un souvenir et se tourna vers Harry, Ron et Hermione.

            ─ Allez-y, dit-elle. Vous saurez ce qu’il s’est passé.

            Harry, Ron et Hermione jugèrent préférable de ne pas poser de question. Quelque chose d’extrêmement grave avait dû se produire et ils avaient à présent l’estomac aussi serré que lorsqu’ils arrivaient à proximité de  la Caverne. Ils s’approchèrent à tour de rôle de la Pensine et furent aspirés à l’intérieur. Ils virent, les professeurs McGonagall, Lupin, Tonks, Arthur et Mondingus qui se tenaient dans le bureau du professeur McGonagall, en compagnie de Luna.

            ─ Vous avez bien compris ? Luna, dit McGonagall. Vous allez dans le cimetière et inspectez les environs. S’il n’y a pas de danger, vous revenez nous le dire et nous partons ensemble nous cacher dans le cimetière. Sinon, vous discutez comme d’habitude avec Nagini.

            ─ J’ai tout compris ! s’exclama Luna qui avait l’air pressé de partir.

Luna se métamorphosa en petit serpent à écailles vertes et noires et transplana dans le cimetière en émettant un bruit sec.

            Un peu plus tard, Luna revint et assura qu’il n’y avait pas de danger.

            ─ Je n’ai rien repéré de suspect, dit Luna. Nagini n’est pas encore arrivé.

            ─ Très bien, déclara Lupin. Alors, nous devons y aller.

            Luna transplana la première. Les deux professeurs, Tonks, Arthur, Mondingus et Luna la suivirent à leur tour dans le cimetière. Tout à coup, ils se retrouvèrent face à face avec Nagini qui comprit aussitôt le danger. Celui-ci mordit Luna qui essayait de sauver la situation. Elle fut instantanément inconsciente. Lupin lança alors un sort sur Nagini.

            Avada Kedavra ! hurla Lupin.

Nagini s’écroula immédiatement. Tous s’approchèrent de lui et virent qu’il était bien mort. Mais, au même moment, on entendit un gémissement. Harry se retourna et vit que Luna ne bougeait plus.

            ─ Ron, Hermione ! Regardez Luna !

            Les membres de l’Ordre s’en était aperçut aussi et se précipitèrent autour de Luna, qui était toujours métamorphosé en serpent.

            ─ Il faut immédiatement transplaner et l’emmener à Madame Pomfresh, s’exclama Lupin après avoir examiné Luna. Elle seule peut tenter quelque chose pour la ramener à la vie.

            Hermione se tourna vers Harry, l’air terrorisé.

            ─ Luna est morte, murmura-t-elle en sanglotant.

            ─ Oui, c’est fini, murmura Ron.

            En effet, quelques minutes plus tard, Madame Pomfresh prononça le verdict d’un ton lugubre. Le venin injecté par Nagini était extrêmement puissant et il n’existait aucun sortilège permettant d’anéantir ses effets.

            Harry, Ron et Hermione sortirent de la Pensine. Le professeur McGonagall, en voyant leur visage très pâles et tristes préféra ne rien dire et les accompagna dans leur salle commune.

            ─ Demain matin, je prononcerai un discours en hommage à Luna. Je tiens à vous féliciter pour l’Horcruxe que vous avez détruit. Cela aurait sans doute était très compliqué de le détruire plus tard.

            McGonagall laissa Harry, Ron et Hermione qui étaient désemparés.

            ─ Nous n’aurions jamais dû laisser Luna seule réaliser cette mission avec Nagini, dit Hermione qui pleurait.

            ─ Je sais, dit Harry, aussi triste qu’Hermione.

            ─ Je n’aurai pas le courage d’aller au discours de McGonagall demain, bredouilla Ron.

            ─ Moi non plus, répondit Hermione en se levant. Je vais dans mon dortoir. A demain.

            Harry et Ron imitèrent Hermione mais durent, à leur regret, expliquer à Neville ce qui s’était passé. Neville se mit immédiatement à pleurer et il fut impossible de le consoler. Il aimait beaucoup Luna et s’entraînaient souvent ensembles pendant les cours de l’AD.

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